Enfin j’ai vécu l’arrivée des première connexions à l’internet autour des années 93 où a l’époque l’utilisation des canaux IRC américains étaient l’outil chat qu’il fallait apprivoiser avec ses commandes en anglais. Bref du langage machine au montage, des protocoles de routage en passant par les couches applicatives, j’ai un peu tout bidouillé, en amateur puis en professionnelle, mais s’il y a une chose dont je suis sûre, c’est que j’ai vraiment vu se modifier mes paysages virtuels… Pour autant que le terme convienne, tant il y a toujours des personnes derrière toute ce qui se passe sur la toile…. Voilà aujourd’hui qu’on parle du web 2.0 . Une numérotation qui s’apparente à une tentative de classification, comme une peur de passer à coté d’une possible identification…. Comme si le web était composé de strates distinctes, ce qui n’est pas le cas. Comme en géologie, je crois que des couches se superposent et se fondent pour partie …..

Un petit retour en arrière pour comprendre ?

Jusqu’à la fin des années 90 se développent les réseaux de communication, avant tout au sens physique du terme, avec l'adoption généralisée des standards de communication, liés au modèle OSI , grace aux travaux de l'IEEE et du W3C. Les sphères de l’informatiques et de la téléphonie convergent.

Les premiers sites web sont statiques, les entreprises se contentent de diffuser leur image, on parle de vitrine. Statiques oui, cela ne signifie pas qu’il n ‘y a pas d’images animées ou qui clignottent, mais qu’ils sont sans possibilité d’interaction avec les internautes qui visitent ces sites. C’est ce que l’on appelle de la communication « push », du site vers l’internaute. Point.

Une vague marchande d’empare ensuite du web autour des années 2000, jusqu’à la bulle internet. Les sites ne reposant pas sur des modèles économiques viables, ni sur des besoins réels disparaissent les uns après les autres, après une sur-cotation en bourse, engloutissant avec eux une certaine image du partage et de la gratuité sur l’internet. Une période de récession économique liées aux activités internet en est la sanction. Cependant l’interaction avec les internautes est amorcées, les remontées d’information font jour, c’est le début de la communication « pull » , et une forme de contre-pouvoir d’opinion semble également se dessiner, avec l’apparition massive de sites perso, grâce à la généralisation d’outils permettant de créer son propre site. Tout le monde se prévaut à cette époque du titre de webmaster. Les technologies rivalisent et on est encore centré sur la mise en forme plus que sur le contenu et le sens. Aujourd’hui encore plus de 90% des sites existant sont obsolètes de ce point de vue, le mien compris (et oui les conseilleurs…. etc)

Alors le web 2.0 ? Aujourd’hui ce terme désigne un ensemble de concept assez large, qui amorce l’appropriation des outils et des contenus par les internautes avec un ensemble d’usages et de pratiques sans cesse renouvelés, avec l’utilisation de standards plus ouverts et pensés en terme de contenu plutôt que de mise en forme. C’est à dire que l’on s’oriente vers un web polymorphe. C’est l’envolée d’un web sémantique, qui laisse la part belle à l’intelligence collective et aux agents intelligents. Technologie et usages interagissent donc sans cesse plus, avec la mise en perspective d’une mutation profonde des façon de travailler, de penser son métier, et un regroupement, voire une convergence multidisciplinaire sans précédent.

Concrètement ? Et bien cela se traduit par mes informations, mes ressources, mes applications disponibles de partout et depuis n'importe quelle machine, et à terme, depuis n'importe quel service. la possiblité d'être diffuseur de contenu et relai de de celui-ci. Cependant, ne perdons pas de vue que nombres de pays n’ont toujours pas d’accès à l’internet sans censure, comme la Chine, que L’Afrique doit encore combler un grand retard malgré l’arrivée du câble safe en 2005 et certaines initiatives ouvrant la porte à l’espoir… Reste à savoir si ces toutes ces évolutions sont structurantes pour la société et si les impacts profiteront au plus grand nombre. Et aux forces vives de notre pays comme on dit. Il suffit pour cela de constater le décalage non seulement générationnel, mais également lié à la réalité de la vie professionnelle des personnes que j’ai pu interviewer sur leur vision du web, justement, pour voir….

En définitive, jamais le web n’a été aussi multiforme et jamais encore autant qu’aujourd’hui ne se pose la question des finalités et également des choix sociétaux à travers les usages. La dessus, j’ai beau regarder au fond de ma tasse à café, je n’ai pas la réponse… Mais si je me base sur le fait qu’un retour aux valeurs féminines de partage et d’échange semble ici et là faire sens, alors je suis prête à tous les optimismes…