Je ne crois pas qu’une communauté virtuelle modèle la pratique.
Elle révèle, démultiplie et accélère ce qui est, et ce qui est lattant en terme d’aspirations.
L’âge n’est pas en cause sur le fond. Pas plus que le cyber espace.

Oui, ma réalité quotidienne est schizophrène, je l’affirme avec force et sans complexe aucun. Comme tous les être humains, mon identité n’est pas unique. Au gré des nécessités et compte tenu des interlocuteurs, en fonction du contexte, je chausse à longueur de temps une casquette différente. Je suis la gestionnaire qui gère, la chef d’entreprise qui projette, l’interlocutrice qui négocie, la chargée de mission qui rédige un rapport, rien que dans la sphère professionnelle, je peux allonger la liste en modelant les qualificatifs.
Comme vous. Pourquoi en irait t’il différemment dans un espace virtuel ?

Oui rendre visible par tous, au sein de la communauté de son choix, de façon librement consentie plusieurs facette d’une personnalité révèle en tant qu’individu. Cela permet de faire surgir le tacite au niveau des compétences, des savoirs comme de la personnalité, d’élargir l’horizon et de faire reculer collectivement - ou dans un rapport à l’autre ou a un groupe- la méfiance, les préjugés, de renforcer le sentiment d’appartenance, enfin de faire naître une nouvelle forme de créativité. Et souvent d’entraide.

Et si l’on se place du point de vue de l’age, il me semble c’est le propre du début d’une vie adulte que de se chercher, se dessiner et se découvrir dans le regard de l’autre. Car la découverte de l’altérité est source de rencontre de soi. Oui bien sur, ce besoin est plus prégnant quand on est jeune, mais c’est encore vrai ensuite, même avec des capacités à l’introspection et à se faire face. Ou alors je n’ai pas fini de grandir.
A nouveau, pourquoi en irait t’il différemment dans un espace virtuel ?

A propos du rapport individu/communauté que je lis sur l’article de presse, me vient une image totalement faussée. Celle d’un cailloux lancé ou les cercles concentriques de ma pierre dans l’eau recoupent les cercles des autres pierres lancées, se croisent, se fondent et toujours disparaissent. Et mon cailloux aussi.

Ce n’est pas la réalité. Nombre de communautés sont pérennes, avec des membres qui œuvres à concilier intérêts personnels et collectifs dans un esprit de partage, loin d’une vision si judéo chrétienne qui laisse penser que demander ou s’appuyer sur autrui c’est intéressé et c’est mal.
MySpace avec ses 140 millions de membres rassemblent autant de communautés différentes qu’il est possible d’en imaginer, au delà des dénominateurs qui ont fait sont succès.
On peut se demander si le ratio de dilution des individus dans leur rapports au groupe est très différent dans un ancrage total au réel si vous vous égarez dans des tribus inconnues, hostiles ou complètement en dehors de votre cercle de références et de valeurs ?

Pour ce qui est de l’utopie fraternaliste et du rêve d’un monde ou tout le monde est talentueux, reconnu, et au fond, aimé, à chacun de réaliser par l’expérience que les pierres lancées n’ont pas toutes la même forme, le même brillance et le même impact dans l’eau.
Personnellement, je prends le parti de faire confiance aux jeunes pour trouver le chemin de l’ équilibre au delà d’un un ego paradoxal et dilué, ou tristement phantasmé au sein des communautés virtuelles, pour leur capacité à faire la part des choses dans ce modèle polymorphe, via l’expérience.

Et laisser prendre corps une forme de société ou tout est à construire de zéro puisque il paraît qu’ils se méfient de l’état, des institutions et des médias réunis. Sans oublier qu’ils ne supportent pas les parents, les contraintes et la pression sociale.
Cette schématisation racoleuse finit toujours par m 'agacer –légèrement- mais quand même.
Et de toute façon, on retrouvera toujours de vieilles barbes pour dire que la télévision empêche les gens de se parler.