Les doctorants avec lesquels je me suis retrouvée ont tous entre 24 et 26 ans, en troisième année de thèse pour la plupart. Trés engagés avec leurs laboratoires respectifs, ils n'ont pas beaucoup de temps pour sortir de derrière la paillasse, et lâcher leurs expérimentations. Car sans expériementations, pas de résultats, sans résultats, pas de matière pour poursuivre, et pas de satisfaction du directeur de recherche. Globalement ils se sentent isolés les uns des autres, même quand ils partagent un bureau à trois....

Les directeurs de recherches ...oui, oui... dommage, ils sont perçu majoritairement comme des personnes peu en prise avec les outils de communications et les technologies du Web, ou comme quelqu'un de bien plus préoccupé par l'utilisation d'une main oeuvre disponible que par leur avenir professionnel. Rien ne dit que cela soit factuel, mais c'est un ressenti que tous ont hélas exprimé.

Ces mêmes doctorants savent que seuls 20 % intégreront la recherche universitaire, les autres devront se positionner sur les labos privés, voire changer de voie. Et le maître mot des facultés est "publiez, publiez dans les revues spécialisées" .

Là, se pose la problématique du système de publication scientifique en pleine mutation à l'ère du digitial, si bien posée dans le blog d'un co-responsable scientifique d'une bibliothèque, David Monniaux : En sus de la difficulté à voir son papier accepté, il faut payer pour la publication, mais le problème se pose surtout de manière cruciale quand l'éditeur vous demande de céder les droits d'auteurs. On se retrouve avec un système ou les jeunes chercheurs ne peuvent pas mettre leur propres papiers scientifiques sur leur propre page Web .

Hereusement le mouvement de l'open access existe depuis quelques années, mais les politiques ne sont pas du tout homogènes tant au niveau des archives que des revues.

La question reste pour ces étudiants de valoriser sa compétence professionnelle en tant que démarche amont de sa thèse, avec d'un coté les restrictions de publication et de l'autre l'obligation de confidentialité quand on bosse dans un labo au sujets de recherches pouvant déboucher sur des brevets.

La solution passe à mon sens par la présentation d'un e-porfolio faisant la démonstration d'une part de son niveau sur son coeur de métier par des brêves sur des sujets pointus, et d'un ensemble de sujet de vulgarisations scientifiques permettant de faire ressortir dans le même temps ses compétences transversales et sa personnalité, et c'est là dessus que nous avons amorcé un travail. Car ces jeunes là comprennent vite, et représentent un formidable vivier de savoir faire et savoir être.

Pour finir ce post, j'ai particulièrement aimé la simulation d'un chat distant avec un groupe, ou les doctorants se sont pris au jeu rapidement sur un exercice simple de coordination et de prise de décisions. L'objectif du chat collectif était de constituer des binômes ou trinômes de travail sur un wiki projet avec un outil comme wikini ou pbwiki , avec un animateur chargé d'accueillir les participants lors de la connexion sur l'outil d'instant messenger, de coordonner le débat, le recentrer et cloturer la scéance avec un résultat concret de savoir qui bossait avec qui et sur quoi.

Info du jour : En décembre, j'anime sur la web tv forum de Montpellier une rubrique mensuelle sur les TIC. Venez nombreux, et en plus l'interface du site est en complète refonte...Je voulais aussi parler de sloodle = moodle + second life mais arggg j'ai pas eu le temps, promis je m'y colle, ici sur sur la web tv.

Ma visite second life du stand Sloodle