Cela prendra trop de temps et c'est trop cher
--> Il y a une effective nécessité d'une approche avec prise en compte du retour sur investissement à travers des projets précis et ciblés, sur des besoins identifiés et quantifiés, avec un accompagnement de qualité pour ne pas se tromper, par les gens qui savent faire.
La maturité du marché aujourd'hui, couplée à la profusion des outils et solutions permet de trouver ce qui convient à une organisation donnée, de choisir les investissement porteurs et se positionner intelligemment, de façon à ce que les investissements nécessaires soient compensés par les économies réalisées par ailleurs.

Nos formateurs /enseignants/instructeurs/ y sont opposés, cela leur fait peur, ils freinent en interne
-->oui car cela demande un changement de posture, passer de "sachant" à celle de facilitateur et accompagnant, et ce changement est d'autant plus mal vécu si l'organisation ne communique pas sur les bénéfices/avantages que ces derniers pourront en retirer, ni sur la conduite du changement qui nécessite la plupart du temps un accompagnement. Sans cela ils se sentent en effet dépossédés de leur savoir, de leurs contenus pédagogiques, et de façon très implicite...de leur pouvoir.

Il y a perte de contacts humains.
--> Il s’agit d’un autre reproche fréquemment formulé. L’apprentissage à distance peut en effet se révéler difficile pour certains, ce sera par exemple plus difficile pour les personnes qui sont déjà socialement ou géographiquement isolées. Il ne faut donc pas retomber dans le piège des années 2000 ou ou le full e-learning était vu comme "la" solution miracle. Aujourd'hui une approche mixte, apprentissage distant et regroupements en présentiel semble être le bon équilibre. (blended learning).

On en sait pas vraiment faire, ce n'est pas notre cœur de métier -->Dans le cas de supports trop denses ou mal structurés, oui il peut y avoir surchage cognitive des apprenants. L'inverse peut aussi exister, dans les deux cas les objectifs ne sont pas atteints.
Passer d'un contenu pédagogique en face à face à du blended learning ou du full e-learning quand applicable, est donc bien un vrai métier pour lequel des experts existent pour accompagner les experts du métiers.

Il est difficile de s'y retrouver parmi la multitude d'outils et de plateforme du marché, et nous n'aurons pas la garantie que ces ressources tiendront dans la durée.
--> d’où la nécessité de choisir des outils pérennes qui ont fait leur preuve, mais restent en phase avec les usages d'aujourd'hui, et il en existe.

On entend parler de jeux ou de serious game, mais il y a le terme jeu, ce ne peut donc pas être sérieux ou efficace.
-->Si le jeu fait partie de la culture d’entreprises outre-atlantique, il n’en est pas de même en Europe. Beaucoup d’organisations considèrent encore le jeu comme une activité inutile, infantile ou dégradante . Il reste en effet du travail en perspective pour balayer ce qui n'est qu'une croyance ancrée. La notion d'amusement et de plaisir dans les apprentissages (comme dans d'autres domaines) ne fait en effet que peu partie de notre approche civilisationnelle judeo-chrétienne.
Il faut s'interroger sur son rapport au plaisir et revenir aux fondements de ce qui se passe dans l'enfance : A partir de l'instant ou je prends du plaisir à apprendre quelque chose, j'apprends vite , je mémorise bien, et à long terme.
Et en conclusion...
D'une part le e-learning ne pourra jamais répondre à la totalité des besoins : tout ne peut pas être porté en formation distante, qui s'applique plus facilement aux sciences dures et aux formations techniques qu'à une formation sur des gestes métiers, ou l'enseignement d'un "tour de main" par exemple. Si on prend l'exemple d'une formation brevet de pilotage privé, seule une partie théorique peut-être enseignée à distance, les heures de vols seront malgré tout...dans un avion. Par contre, les retours d'expériences peuvent faire l'objet d'un story telling dans le virtuel, et être objets de débats passionnés sur un forum ou toutes les interventions sont capitalisées...et donc profitent à tous. la valeur ajoutée commence là.
D'autre part le e-learning ne peut palier au besoin fondamental humain de vrais contacts. Des mois de travail dans le virtuel poussent souvent les individus à un besoin irrepressible de rencontrer les gens avec qui ils ont bossé en groupes distants. Ce qui se passe en terme de contacts est alors extraordinaire. N'importe quel étudiant en formation continue sur un campus virtuel peut en attester.
Ces personnes à la base n'auraient de toute façon pas suivi la formation suivant d'autre modalités pédagogiques, pour des raisons très diverses (familiales, professionnelles, financières, géographiques).
Donc le e-learning permet d'atteindre des marchés de niche, difficilement accessibles autrement.
La bonne question est donc plutôt : Le train du e-learning est en marche depuis 15 ans, le marché est mature en France depuis quelques années, y monte t'on ?